Le Blog de Geneviève Fioraso

J’ai appris la décision du Président de la République de ne pas briguer un deuxième mandat alors que je célébrais  le 60ème anniversaire de l’Institut d’Administration des Entreprises de l’Université Grenoble Alpes dont j’ai présidé le conseil d’administration pendant 10 ans.

Comme de nombreux français, élus, militants, sympathisants ou citoyens moins engagés, cette décision m’a prise de court et pour tout dire, un peu « sonnée ». En réponse aux sollicitations des media, je me suis exprimée à ce sujet « à chaud », tant la dignité et l’émotion du Président de la République m’avait touchée. Je respecte la décision de François Hollande et suis convaincue qu’il ne l’a pas prise sous la pression de tel ou tel candidat potentiel ou déclaré mais à la suite d’une réflexion mûrie et rationnelle. S’il a pris une telle décision, après une vie entièrement dévouée à la cause publique et à l’intérêt général, c’est qu’il a estimé que ses chances de faire aboutir un rassemblement des forces de gauche, des écologistes et, plus largement, des progressistes n’étaient pas suffisantes pour éviter le danger d’une droite très conservatrice et porteuse de régressions sociales, environnementales et économiques – la droite de la famille « Le Quesnoy » si bien montrée dans le film « La vie est un long fleuve tranquille » mais aussi le danger, plus insidieux mais bien réel, des populismes de tous ordres et particulièrement du repli sur soi identitaire du Front National qui serait mortifère pour notre pays.

Le Président de la République, en sacrifiant son intérêt particulier au bénéfice de l’intérêt général et quoi qu’il en coûte, a placé l’ensemble des composantes et acteurs de la gauche socialistes, sympathisants, progressistes, écologistes, face à leurs responsabilités.

Je veux encore croire que l’intelligence collective sera à la hauteur de la décision prise par François Hollande et, surtout à la hauteur des enjeux auxquels notre pays doit faire face : la poursuite de ma réduction du chômage qui gangrène notre démocratie et décourage les jeunes et les non diplômés qui en sont les premières victimes, la lutte contre le déterminisme social initié avec la refonte de notre système éducatif et des moyens supplémentaires conséquents (60 000 postes recréés, dont 5 000 pour l’enseignement supérieur pendant le quinquennat, après les 80 000 suppressions du gouvernement Fillon, la modernisation et le maintien de notre système de protection sociale accompagnement de la révolution numérique, la diffusion de l’innovation pour améliorer la compétitivité de nos entreprises, la transition énergétique et écologiques et le respect de l’environnement, le combat pour une Europe plus puissante, plus solidaire et plus démocratique ….

Tous ces projets, bien engagés ou initiés plus récemment, sont à mettre au crédit de François Hollande et de ses gouvernements successifs. Les médias mais aussi les politiques, de l’opposition comme, hélas, pour certains, de la majorité – je pense évidemment aux parlementaires frondeurs – n’ont cessé de discréditer l’action et la personne de François Hollande de façon tout-à-fait subjective et injuste, sans jamais lui donner le moindre crédit pour telle ou telle action pourtant préconisée et appréciée du plus grand nombre. Avec cet acharnement systématique, ils ont pris le risque de porter atteinte à l’image de notre pays dont j’ai pu constater, au cours des nombreuses missions à l’étranger, à quel point il était considéré et respecté pour l’action politique menée au plus haut niveau. Ce « French bashing » opéré par les acteurs français eux-mêmes a fini par orienter trop de nos concitoyens vers des solutions simplistes ou illusoires. Il s’agit donc pour la gauche de mobiliser ses forces, convictions, son énergie, de rassembler largement pour poursuivre et amplifier le redressement du pays et la réduction des injustices déjà engagés.

C’est la raison pour laquelle, avec mes collègues Eliane Giraud, Joëlle Huillier, Michel Issindou, Jacques Chiron et d’autres qui ne manqueront pas de nous rejoindre, nous sommes mobilisés pour contribuer au rassemblement des progressistes, des forces de gauche et écologistes, autour de Manuel Valls.