Le Blog de Geneviève Fioraso

Sortir de la gare Saint Charles pour découvrir la lumière marseillaise, si belle et limpide, est un vrai bonheur, que j’ai pu apprécier ce mardi matin en descendant du train… avant de m’enfermer pour une journée de travail avec le Professeur Raoult et son équipe dans le cadre du Conseil d’Administration de la Fondation Marseille Infection.

Elue formellement comme nouvelle administratrice au titre des personnes qualifiées, j’ai constaté à nouveau l’excellence des recherches menées par les équipes pluridisciplinaires, internationales et intergénérationnelles du laboratoire du Professeur Didier Raoult, dont l’objectif est la lutte contre les maladies infectieuses et contagieuses. J’ai reconnu l’esprit pionnier et l’audace qui ont longtemps caractérisé les projets grenoblois dans le domaine de l’énergie, de la micro puis nanoélectronique, de la santé (neurosciences en particulier), de l’environnement (Patrick Criqui, de l’UPMF est membre du Giec, le groupe international de scientifiques qui suit l’évolution de la dérégulation climatique), mais aussi les sciences humaines, sociales, politiques…

Aujourd’hui, c’est donc à Marseille que j’ai retrouvé cette dynamique, dans un Institut Hospitalo universitaire, un bâtiment presque terminé, situé idéalement entre le CHU dont il fait partie et la faculté de médecine voisine, en plein cœur de la cité phocéenne. Les recherches qui y sont menées sont très larges : du virus Ebola à la lutte contre les poux en passant par les mégavirus découverts récemment, l’IHU regroupe des cohortes de  patients (75 chambres adaptées à ces pathologies contagieuses sont prévues), les laboratoires de recherche, de diagnostic, d’analyse pour les chercheurs mais aussi les étudiants en médecine, biologie, pharmacologie, les ingénieurs, les techniciens. Le transfert et la valorisation de ces recherches de très haut niveau (le nombre de ses publications dans les différentes revues de référence à l’international est impressionnant…) se sont déjà traduites par de nombreux brevets et une dizaine de start-ups. C’est ce fonctionnement très intégré, où les patients sont au contact direct des soignants mais aussi des chercheurs, où les équipements de recherche bénéficient aussi au diagnostic et parfois même aux thérapies, qui accélère l’innovation au service de la santé des patients.

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Je partage avec le Professeur Raoult et son équipe une préoccupation et c’est la raison pour laquelle j’ai accepté avec plaisir de m’associer bénévolement et modestement à son beau projet : comment accélérer l’accès à des thérapies innovantes pour des patients en situation souvent d’urgence médicale, à Marseille comme en Afrique ? L’IHU Marseille Infection répond d’autant mieux à cet objectif qu’il a installé depuis des années des collaborations équilibrées avec l’Afrique, peut-être parce que le Pr Raoult connaît bien le formidable potentiel de ce continent, où il est né. Marseille est une ville naturellement tournée vers l’Afrique : un laboratoire « miroir » à l’IHU Marseille Infections a été installé à Dakar, avec des équipes formées à Marseille, des partenariats très étroits se sont construits avec le Mali (un récent grand prix de médecine de l’Inserm a été attribué à un chercheur malien, spécialiste d’Ebola). On le sait, les pays d’Afrique sont les premiers concernés par les épidémies et il est indispensable de développer la recherche et les soins sur le terrain, en s’appuyant sur la force d’une coopération internationale. Pour améliorer encore la compréhension de la diffusion des épidémies et l’adaptation des thérapies proposées, l’équipe du Pr Raoult fait appel aux sciences humaines et sociales, anthropologues, sociologues, psychologues…

Ce qui intéresse le Pr Raoult dans l’expérience grenobloise, c’est l’expérience, cumulée depuis des dizaines d’années, d’une coopération entre la recherche, la formation et l’industrie. C’est la raison pour laquelle il m’a proposé de faire part de cette expérience à laquelle j’ai contribué, dans mes missions d’élue locale puis, plus largement comme ministre et secrétaire d’état. D’où la présentation faite au cours de ce CA sur le transfert et l’innovation en santé, dont vous pouvez prendre connaissance en annexe en ouvrant le lien ci-dessous.

PP Transfert et innovation en matière de santé V4