Une mobilisation massive pour protester contre la politique nationale de casse sociale



Une mobilisation massive pour protester contre la politique nationale de casse sociale
A Grenoble, ce sont plus de 30 000 personnes, de tous âges, qui sont descendues ce jeudi 24 juin dans la rue pour montrer leur désaccord avec le projet de réforme des retraites et, au-delà, avec l’ensemble de la politique sociale menée par le gouvernement actuel. Je ne reviendrai pas sur le fond de cette réforme que j’ai déjà longuement évoqué dans ce blog. Ce qui m’a frappée hier, c’est que la protestation collective portait sur un champ beaucoup plus large que la seule réforme des retraites. Ce qui revient sur le terrain et qui s’est exprimé hier, c’est un ras le bol de ce qui est ressenti comme injuste, à juste titre d’ailleurs.

Injuste, une réforme des retraites qui se finance majoritairement sur le travail, en épargnant le capital et la rente et ne prend pas en compte les travailleurs ayant commencé à travailler jeunes, la spécificité de la carrière professionnelle « hachée » de nombreuses femmes et, surtout, la pénibilité de certaines professions que le gouvernement a assimilé, à tort, au handicap, ce qui est non seulement réducteur mais bien plus coûteux à terme que des mesures préventives.
Injuste, le maintien du bouclier fiscal en période de crise économique et sociale au profit des plus fortunés.

Injuste, la collusion entre le pouvoir et l’argent : les mésaventures de la famille Woerth et Madame Bettencourt en sont l’illustration presque surréaliste, tant c’est énorme, mais on peut évoquer les cumuls de salaires de Christine Bouttin et quelques autres ministres, les double activités de M Coppé, député, Président du groupe UMP et avocat d’affaires et bien d’autres, les double appartements de fonction à Paris pour les ministres et leur famille, la collusion d’un ancien ministre des sports ayant des parts dans une chaîne de casinos, les soirées présidentielles au Fouquets ou les vacances sur un yacht prêté par un grand industriel…

Injuste, le désengagement de l’Etat dans ses dotations aux collectivités locales, qui doivent assumer des charges croissantes au titre de la solidarité (dépendance des personnes âgées, petite enfance, Revenu de Solidarité Active…) sans compensation financière qui accentue la pression fiscale locale sur des ménages à revenus modestes

Injustes, les profits des organismes bancaires et des entreprises du CAC 40, non pas en soi, car ils pourraient utilement servir l’investissement productif donc l’emploi, mais parce qu’ils sont trop souvent associés à des réductions d’emplois et à un accompagnement insuffisant de la croissance des Très Petites Entreprises et des PMI PME, car les aides accordées par l’Etat en terme de crédit impôt recherche pour les entreprises ou de garantie pour les banques ne se sont accompagnées d’aucune contrepartie contribuant à la redistribution et à la solidarité nationale.

Les Françaises et les Français ne sont pas irresponsables et ils sont prêts à participer aux efforts nécessaires en période de crise financière, économique, sociale et environnementale. Encore faut-il que les efforts demandés soient plus justes et que soient mis fin à des privilèges d’autant plus insupportables au moment où 8 millions de Français sont en dessous du seuil de pauvreté.

Vendredi 25 Juin 2010


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