Une belle victoire pour les femmes



Une belle victoire pour les femmes
L’égalité entre les femmes et les hommes a été inscrite parmi les priorités d’action de la Présidence espagnole de l’Union Européenne pour le premier semestre 2010.

La résolution défendue par le Groupe Socialiste, Radical et Citoyen (SRC) invite donc la France à soutenir la « Clause de l'Européenne la Plus Favorisée » comme principe d'action lors des discussions à venir. Il s’agit d’harmoniser les droits des femmes, dans chaque domaine, sur les législations nationales les plus favorables.

Des membres de l’association « Choisir la Cause des femmes » ont été auditionnés la semaine dernière par le Groupe à l’initiative notamment de ma (seule) collègue députée socialiste femme de Rhône-Alpes sur cette clause proposée dès 1979 par Gisèle Halimi, inlassable avocate de la cause des femmes et militante de l’Europe. Ils ont rappelé que la marche vers l’égalité des sexes, combat durant lequel l'Europe a toujours été présente, demeure un processus inachevé où persistent de profondes inégalités de fait (inégalités professionnelles, violences, sous-représentation dans la vie publique…). Jean-Luc Sauron, juriste du droit européen, a défendu le principe de ce bouquet législatif dont le but est de «Faire choix dans chaque État membre du droit des femmes au niveau le plus élevé et en doter l’Européenne, en un statut unique ».

L’adoption unanime par l’Assemblée de cette proposition de résolution est donc une heureuse surprise et une belle victoire pour les femmes. En dépassant ses clivages, l’Assemblée exprime sa volonté de relancer les politiques publiques en faveur de l’égalité homme/femme qui marquaient le pas dans notre pays depuis plusieurs années. Elle invite avec force le gouvernement à prendre enfin des initiatives législatives qui permettent de concrétiser l’égalité économique et salariale, la parité politique ou la modernisation du droit familial.

En cette période de crise économique, on constate que les femmes sont à nouveau culpabilisées de travailler incitées à rester chez elle pour s’occuper des enfants et des activités ménagères. Même si tous les choix, y compris celui de ne pas travailler, à l’extérieur, sont tout à fait respectables, je partage les craintes exprimées par Elisabeth Badinter qui constate des sérieuses régressions à l’autonomie de la femme pour le travail, en particulier en Allemagne où les femmes qui font garder leurs enfants (qui sont aussi ceux de leurs conjoints au passage) sont désignées comme « mères corbeaux », c'est-à-dire des mères abandonnant leurs enfants.

Cette résolution donc également à la France d’être un acteur majeur du mouvement impulsé par la présidence espagnole pour harmoniser par le haut les droits des femmes à l’échelle de toute l’Europe.

Sans attendre, l’Assemblée peut elle-même donner corps à sa résolution en adoptant les propositions de loi que défendra la Groupe Socialiste, Radical et Citoyen dans les prochaines semaines sur la prévention des violences faites aux femmes, sur la parité aux élections et sur l’extension du congé maternité. L’égalité homme/femme vaut bien un consensus

Voir le diaporama argumentaire


Mercredi 3 Mars 2010