Le Blog de Geneviève Fioraso

Ce matin, le Premier ministre Bernard Cazeneuve, Thierry Mandon, secrétaire d’état, Manuel valls, député de la circonscription et moi étions dans les locaux d’Arianespace, à Evry, en présence du CNES, de l’ESA, des principaux industriels et acteurs publics du domaine, à l’invitation du PDG d’Arianespace, pour saluer les performances exceptionnelles de la filière européenne des lanceurs. Stéphane Israël, face à une concurrence internationale très vive et qui n’hésite pas à recourir au dumping (Space X par exemple vend à l’export un lancement deux fois moins cher qu’aux institutions américaines, Nasa et défense, grâce à un soutien public américain très élevé), a tenu, à juste titre, à valoriser les performances 2016- et 2017 de l’opérateur français. C’est une première pour Arianespace qui n’avait jamais réalisé autant de lancements : 11 l’année dernière, 12 prévus cette année pour Ariane 5 principalement mais aussi l’italien Vega et le Russe Soyouz, lancés depuis Kourou en Guyane française. Pas un seul échec depuis des années, avec 76 lancements réussis à la suite sans incident, ce qui fait d’Arianespace le numéro 1 mondial en matière de fiabilité et sécurité. C’est un élément très important, car un échec de lancement coûte cher : le prix du lanceur, auquel il faut ajouter, dans le cas de l’explosion lors des derniers tests avant lancement subie par l’Américain Space X il y a quelques mois, le prix des satellites israéliens qui étaient déjà intégrés, soit une perte supplémentaire de plus de 200 millions de dollars.

_str7420

Un hommage appuyé et argumenté de Bernard Cazeneuve à l’expertise française et à la coopération européenne ainsi qu’à son prédécesseur, Manuel Valls

Le Premier ministre s’est félicité de la qualité de l’expertise française au-delà du socle des lanceurs : la station spatiale de Kourou, les industriels concepteurs et constructeurs de satellites, les partenaires publics et privés, le CNES. Avec des applications dans des domaines stratégiques : la souveraineté de notre pays et de l’Europe pour la sécurité et la défense grâce à l’accès à l’espace et la surveillance par satellites, l’observation de la terre pour l’environnement et le climat, la lutte contre le réchauffement climatique, les télécommunications et la navigation/orientation (programme Galileo qui va remplacer ou doubler l’actuel GPS), sans oublier la science et l’exploration. Il s’est réjoui de la publication par l’Union européenne en octobre dernier d’une stratégie commune pour le spatial et a plaidé en faveur du renforcement d’une cohésion et d’une préférence européenne, condition pour résister à la compétition américaine, chinoise, indienne… Enfin, il a insisté sur la nécessité de développer la filière aval, en citant le rapport que j’ai réalisé à la demande de Manuel Valls en juillet dernier, avec des services visibles rendus aux citoyens européens : c’est, sur le plan technique, tout l’enjeu de l’internet des objets, au service des usages.

_str7527

Des investissements d’avenir répartis entre le secteur public et le secteur privé

En s’adressant ainsi à la communauté du spatial comme aux salariés d’Arianespace venus nombreux l’écouter, tout en s’inscrivant dans la continuité de l’action menée par le gouvernement de Manuel Valls, Bernard Cazeneuve a montré la volonté de ce gouvernement de défendre les secteurs stratégiques pour notre pays – aujourd’hui le spatial, mais aussi l’aéronautique, la microélectronique, l’énergie – dans un esprit européen et avec des créations d’emplois dans notre pays. Il a aussi approuvé le nouvel équilibre trouvé dès 2014, lors du conseil ministériel du Luxembourg où je représentais la France, entre les investissements du secteur privé et ceux du secteur public, ces derniers ayant été constants depuis le lancement de la filière par le Général de Gaulle. C’est le sens de la création de la société ASL (Airbus Safran Launchers) dédiée aux lanceurs, dont la décision de création annoncée au Président de la République en 2014 s’est récemment concrétisée. Ancien premier ministre et député à nouveau de la circonscription qui accueille Arianespace, Manuel Valls ne cachait pas sa fierté légitime de voir à nouveau sur les rails une filière qui était très divisée lorsque j’ai pris mes fonctions ministérielles en 2012. L’équipe France est de retour, au sein d’une Europe bien regroupée et dont le volontarisme doit être sans cesse encouragé, au bénéfice de l’emploi et de notre souveraineté.