Le Blog de Geneviève Fioraso

Comme ministre de la recherche, j’ai toujours été impressionnée par l’évolution très rapide des découvertes dans le domaine de la santé, souvent grâce à la convergence entre les avancées du savoir scientifique et la performance technologique, notamment des instruments d’imagerie et de caractérisation. C’est exactement le cas de PIC-GIN, inaugurée dernièrement sur le site du CHU de Grenoble, en présence des Présidents de l’Université Grenoble Alpes et des responsables du GIN : une plate-forme équipée de nombreux microscopes dont plusieurs microscopes confocaux à balayage laser, des vidéo-microscopes plein champ, d’un microscope bi-photonique et d’un microscope Spinning Disk, qui bénéficiera au GIN mais sera aussi ouverte aux laboratoires publics et privés qui en feront la demande.

A l’origine de cet équipement de pointe, installé au 3ème étage du Grenoble Institut des Neurosciences : le Professeur Frédéric Saudou, son directeur, dont l’expertise a été récompensée par deux prix prestigieux, celui de l’Académie des Sciences française comme celui de l’Academy of Sciences américaine, suivis du prix « Coups d’élan pour la recherche française » de la Fondation Bettencourt Schueller. Ces prix ont couronné sa compréhension des mécanismes moléculaires et cellulaires à la base de la maladie de Huntington, une maladie neurologique qu’il a particulièrement étudiée. PIC-GIN a d’ailleurs été financé par la Fondation Bettencourt-Schueller, avec un complément de la Fondation Safra, qui finance en partie par ailleurs Clinatec sur la Presqu’île scientifique via une fondation dédiée.

Grenoble peut se prévaloir d’une expertise d’excellence, reconnue sur le plan mondial, dans le domaine des neurosciences. J’ai eu la chance, comme élue locale et nationale, d’accompagner il y a quelques années le triptyque des PU-PH (Professeurs d’université et praticiens hospitaliers) dans le soutien à leurs développements, Alim Louis Benabid, Pierre Pollak et Claude Feuerstein, et je suis particulièrement heureuse de voir que leurs travaux précurseurs sont aujourd’hui relayés par des équipes jeunes et dynamiques qui n’ont qu’un seul objectif : améliorer la santé des malades aujourd’hui atteints de maladies neuro-dégénératives. Pour cela, elles mènent, à l’image de ce que propose PIC-GIN, des recherches fondamentales et pré-cliniques en neurosciences avec une approche pluridisciplinaire pour offrir de nouvelles stratégies thérapeutiques aux troubles neurologiques, psychiatriques ou neuromusculaires jusqu’ici incurables, comme la maladie de Parkinson, la maladie d’Alzheimer ou la maladie de Huntington. C’est l’objet du projet GREEN, Grenoble Excellence in Neurodegeneration, porté par GIN et associant Clinatec, le laboratoire mixte TIMC-IMAG, l’Institut Albert Bonniot…, choisi comme centre français d’excellence au sein du réseau international CoEN (Centres of excellence in Neurodegeneration en Europe et au Canada).

C’est une fierté pour un territoire que d’abriter et soutenir des recherches aussi utiles. C’est bien le rôle des politiques, locaux, régionaux comme nationaux, d’accompagner le travail formidable d’équipes passionnées et mobilisées dans un seul but : améliorer la vie de patients aujourd’hui démunis face à des maladies évolutives et sans solution thérapeutiques. J’ai tenu, dans mon intervention, à féliciter et remercier ces équipes qui travaillent sans relâche pour l’intérêt général.