Le Blog de Geneviève Fioraso

Cette nuit, j’ai voté la proposition de loi autorisant les universités à sélectionner à l’entrée de la première année de master, mettant fin à des situations complexes et donnant lieu à des contentieux entre les étudiants et les universités  en posant un cadre légal aux pratiques sélectives déjà en place.

Ce dernier texte du quinquennat sur l’enseignement supérieur a été adopté dans les mêmes termes à l’Assemblée nationale et au Sénat. Cette loi sera prochainement promulguée et entrera en vigueur dès la rentrée universitaire 2017.

Cet accord garantit aussi l’engagement de poursuite des études, pour les étudiants non admis au master de leur premier choix, un droit fondamental que j’ai défendu comme Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche. Concrètement, ces étudiants se verront offrir trois propositions d’orientation, toutes dans la ville ou académie de résidence. Cette mesure veut assurer un parcours de réussite à tous les étudiants leur permettant de s’insérer ensuite dans la vie professionnelle. Je rappelle que toutes les études démontrent que l’insertion professionnelle des titulaires de masters à 30 mois se situe entre 80 et 95  % selon les disciplines choisies (plus difficile en droit et en psychologie, filières les plus saturées, plus facile dans les filières scientifiques). Ce taux d’insertion élevé  explique la forte demande d’inscription en master, notamment pour les étudiants, majoritaires, non titulaires d’une licence professionnalisante ou d’une formation en alternance.

Comme ministre, dans les orientations de la loi de 2013, j’avais engagé une concertation avec les universités permettant de simplifier l’offre de masters, illisible en l’état pour les étudiants issus de milieux les moins favorisés et ne disposant pas des relations pouvant les décrypter pour eux.  De 10 800 parcours de masters et 5 500 intitulés, cette concertation avait permis, dès 2014, de passer à moins de 500 intitulés de masters, regroupés par grands domaines. Quant à l’accord sur une sélection à l’entrée en master, j’avais ouvert la voie dès 2014 et je félicite le gouvernement et tous les acteurs concernés d’avoir pu conclure un accord en octobre dernier à l’issue d’une concertation réussie, en proposant cette sélection-orientation, résultat d’un compromis bénéficiant à tous les étudiants. Merci et bravo au gouvernement, aux organisations représentatives des étudiants, à la Conférence des Présidents d’université et au CNESER  (Conseil National de l’enseignement supérieur et de la recherche) qui ont su converger sur une solution consensuelle.

Avec l’augmentation  massive des bourses de 2012 à 2015 (plus de 550 millions d’euros en tout, du jamais vu, avec une priorité pour les étudiants les plus en précarité et ceux issus des milieux les plus modestes de la classe moyenne), la construction de 40 000 logements dédiés à coût accessible en 5 ans, une grande première là encore, l’ouverture des séjours Erasmus aux filières professionnelles et technologiques, cette nouvelle mesure d’orientation sélective offrira aux étudiants les meilleures conditions de préparation de leur avenir. C’est l’engagement tenu pour ces 2,5 millions d’étudiants, de plus en plus nombreux à choisir l’université pour leur parcours de formation.