Conformément aux engagements pris par François Hollande pendant la campagne des présidentielles, confirmées depuis par le Premier Ministre Jean-Marc Ayrault dans son discours de politique générale au Parlement, j’ai lancé officiellement en conseil des ministres puis dans le bâtiment prestigieux de l’Académie des Sciences mercredi dernier, les assises de l’enseignement supérieur et de la recherche. Pour renouer le dialogue rompu avec les acteurs du domaine – étudiants, enseignants chercheurs, chercheurs, techniciens et ingénieurs de la recherche publique – j’ai souhaité organiser des assises qui replacent les sciences, toutes les sciences, la recherche, de la recherche fondamentale à la recherche orientée et partenariale, sans oublier le transfert vers l’industrie créateur d’emplois, au cœur de l’ambition nationale et européenne d’une société de progrès durable, respectueux de l’homme et de son environnement.

Un débat national ouvert sur l’ensemble de la société

C’est cette volonté d’ouverture d’un débat national sur la place essentielle de l’enseignement supérieur et de la recherche dans notre avenir national, européen, international qui fonde des assises que nous avons voulu confier, c’est une première, à un comité de pilotage indépendant, présidé par Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de Médecine 2008, directrice de recherche à l’Inserm. Je la remercie de tout cœur d’avoir accepté cette lourde responsabilité, en plus de toutes celles qu’elle assume déjà, puisqu’elle vient de prendre la responsabilité de la recherche sur le Sida au niveau international.

Le Professeur Vincent Berger, actuellement Président de l’Université Paris 7 Diderot, après une expérience professionnelle dans la recherche industrielle, membre de l’Institut Universitaire de France, sera le rapporteur général de ces assises.

Le comité de pilotage, paritaire, comprend une vingtaine de personnes, issus du milieu étudiant, universitaire, de la recherche, du monde économique, travaillant dans des domaines diversifiés illustrant le caractère transversal de l’enseignement supérieur et de la recherche : santé, environnement, sciences humaines et sociales, sciences de l’éducation, technologies de l’information, physique, mathématiques, biologie, chimie, collectivités territoriales… Les parlementaires Jean-Yves le Déaut et Alain Claeys, membres de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques seront associés. Les syndicats, les collectifs, les académies, les organismes de recherche, les présidents d’université, les conseils scientifiques et l’ensemble de la communauté et des acteurs concernés seront auditionnés par le comité de pilotage et invités à déposer des contributions. Des assises territoriales, sur une base régionale, se tiendront à la mi-octobre, suivies d’assises nationales en novembre. La Présidente du comité de pilotage, Françoise Barré-Sinoussi, me remettra son rapport à la fin décembre et un projet de loi sur l’orientation de l’enseignement supérieur et la recherche sera mis en débat au Parlement au cours du premier trimestre 2013.

Trois thèmes centraux au cœur de cette consultation nationale

Le Conseil des Ministres du 11 juillet a approuvé les trois thèmes qui feront l’objet des contributions et débats. La première priorité concerne les conditions de la réussite des étudiants, en particulier dans le premier cycle, avec une attention particulière pour l’orientation et l’insertion professionnelle des étudiants, l’accompagnement pédagogique, mais aussi pour les conditions de la vie étudiante, en améliorant l’accès au logement, aux soins, à la culture, au sport. L’insertion plus rapide des doctorants dans le secteur public comme privé fera aussi l’objet de propositions. Le deuxième objectif sera de lancer une nouvelle ambition pour la recherche et l’enseignement supérieur, leur rôle dans la société, l’économie, la transition écologique et le rayonnement international de notre pays. La recherche fondamentale retrouvera la sérénité indispensable à son rythme tandis que la recherche technologique, trop faible dans notre pays, sera développée et servira de levier au redressement économique et à la montée en puissance de filières innovantes. Enfin, cette ambition nationale passe par la révision de la gouvernance des établissements et la mise en place de politiques de sites et de réseaux, avec la volonté de simplifier les dispositifs accumulés dans le précédent quinquennat.

Contrairement au quinquennat précédent, nous avons la volonté de mener cette rénovation de l’enseignement supérieur et de la recherche en dialogue, en confiance et en toute transparence, en y associant les acteurs et les territoires. Ce changement radical de méthode est cohérent avec les politiques menées par ailleurs : je pense à la refondation de l’école, à la conférence sociale déjà engagées, à la conférence écologique à venir. Il s’agit bien, malgré un contexte budgétaire contraint, de partager une ambition qui permette aux jeunes et au pays tout entier de se projeter dans l’avenir.