Le Blog de Geneviève Fioraso

L’ensemble de la communauté scientifique internationale a salué hier la découverte des physiciens européens du CERN qui ont découvert une nouvelle particule, compatible avec le Boson de Higgs, recherché depuis les années 60. L’aboutissement d’un long cheminement scientifique et un moment crucial pour la Science. En direct, j’ai tenu à féliciter l’ensemble des équipes qui ont oeuvré, souvent depuis des années, à cette découverte.

Retrouvez mon interview à l’AFP

et ma réponse aux » trois questions à » posées par le Dauphiné Libéré :

Question du Dauphiné Libéré : Le CERN depuis Genève vient de confirmer avoir détecté une nouvelle particule qui pourrait être le Boson de Higgs. C’est une révolution pour la physique et toute la communauté scientifique ?

«C’est un jour important pour la Science et pour toute la communauté scientifique. J’ai d’ailleurs tenu à m’adresser ce matin, en direct, aux chercheurs du CERN pour les féliciter de l’excellence de la recherche qui a permis cette découverte. Le LHC et ses expériences constituent un défi scientifique et technologique sans précédent. La confirmation de la découverte d’une nouvelle particule dont les caractéristiques sont compatibles avec celles du Boson de Higgs, représente le couronnement d’une vision et d’un effort collectif de la part des Etats membres du CERN, dont la France, et de tous les Etats qui se sont associés, au nom de
la connaissance universelle. Je tiens à féliciter le directeur général (Rolf Heuer), le président du conseil (Michel Spiro), ainsi que l’ensemble du personnel du CERN.

Question : Une équipe du LPSC depuis Grenoble est concernée par cette expérience depuis des années sur l’instrument ATLAS basé au sein du LHC au CERN. Une compétence internationale de plus qui s’affirme pour le bassin grenoblois ?

C’est une reconnaissance pour la France car je sais que l’ensemble de la communauté française (CNRS, CEA, Universités) s’est impliquée depuis le tout début dans cette aventure et y a contribué de façon remarquable et très visible. C’est une reconnaissance bien sûr, et je m’en réjouis, de l’expertise du pôle grenoblois, à travers les physiciens, ingénieurs et techniciens du LPSC de Grenoble (unité mixte de recherche de l’Institut National de Physique Nucléaire de Physique des particules du CNRS, de l’Université Joseph Fourier et de Grenoble INP) qui ont contribué directement à cette aventure extraordinaire. Depuis Louis Néel, prix Nobel de physique, Grenoble a toujours eu une grande tradition de recherche fondamentale comme appliquée dans cette discipline majeure.

Question : La physique des particules est particulièrement prolifique en matière de sciences
fondamentales. C’est à votre avis une confirmation pour encourager celles-ci ?

Cela montre une nouvelle fois que la recherche nécessite du temps, une vision à long terme. Vous savez combien je suis attachée à défendre, dans un contexte budgétaire contraint, la recherche fondamentale qui participe à l’élévation de notre niveau de connaissance, au rayonnement de notre pays et à sa croissance économique.  Par ailleurs, cette découverte va, sans aucun doute, susciter l’appétence pour les sciences et pour la physique des particules. Cette communication est primordiale pour que la société comprenne mieux les enjeux de la science et pour que nous puissions réussir à attirer de nombreux jeunes, en particulier les jeunes filles, vers des carrières scientifiques. Le LHC, et plus largement la Science, sont encore loin d’avoir donné tout leur potentiel de découverte car la démarche scientifique est, par essence toujours en mouvement et en évolution.