Vendredi dernier, c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai inauguré officiellement les plateformes PICTIC et Poudr’INNOV au CEA Grenoble.
Ce déplacement ministériel était l’occasion pour moi de retrouver les acteurs scientifiques, universitaires et industriels grenoblois. L’occasion également de constater les transformations chaque jour plus visibles du projet Grenoble Presqu’île GIANT.

Dévoielement de la plaque d'inauguration de la plateforme Poudr'Innov, en présence de Jean-Jack Queyranne, président de la Région et de Jean Therme, directeur de la recherche technologique au CEA - @P.Avavian
Cofinancées par l’Union Européenne via le fonds FEDER européen, la Région Rhône-Alpes, l’Etat et le CEA, PICTIC et POUDR’INNOV constituent un ensemble unique en Europe, au service des partenariats créateurs d’emplois avec les grands groupes comme les PME PMI et ETI.
S’appuyant sur l’expertise du CEA-Liten, ces plateformes devraient contribuer au développement de nouvelles filières technologiques dans le domaine de l’électronique imprimée et la métallurgie des poudres, au niveau national comme européen, avec des applications très diverses : mécanique, énergie, santé, optique, chimie, décolletage, métallurgie…

Inauguration de la plateforme Pictic, en présence de Jean-Jack Queyranne, Jean Therme, Erwan Binet, député. Photo @Patrick Avavian
Je l’ai rappelé à cette occasion, « le redressement productif de notre pays ne pourra se faire sans une stratégie globale intégrant une formation de qualité pour le plus grand nombre, un soutien massif à la recherche, fondamentale, orientée, technologique et à l’innovation ». Et, c’est en nous appuyant des initiatives locales innovantes comme celles développées au sein de l’écosystème grenoblois que nous pourrons relever le défi de la croissance, du redressement industriel et de la création d’emplois, au niveau national comme européen.

Aux côtés de Jean-Jack queyranne, président de la Région Rhône-Alpes et d'Olivier Véran - @P.Avavian
Retrouvez l’intégralité de mon discours ci-dessous :
Monsieur le Député-Maire de Grenoble, cher Michel,
Monsieur le Président de la Région RhôneAlpes, Cher Jean-Jack,
Mesdames, Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Président de Grenoble Alpes Métropole,
Monsieur le représentant du conseil Général de l’Isère,
Monsieur le Préfet de Région,
Monsieur le Préfet de l’Isère,
Mesdames, Messieurs les Présidents d’universités et d’organismes,
Mesdames, Messieurs les élus,
Monsieur le directeur, Cher Jean,
Chers amis,
C’est pour moi un très grand plaisir de me retrouver parmi vous, ici à Grenoble, au CEA, pour cette inauguration.
Grenoble jouit d’un écosystème formidable, né au milieu du 19ème siècle et qui s’est développé depuis sans interruption, avec des personnalités qui ont successivement joué le rôle de locomotives. L’inauguration des plateformes technologiques PICTIC et POUDR’INNOV, au service des PME comme des grands groupes industriels, en est une très belle illustration.
La transformation du site Presqu’île sur lequel nous nous trouvons qui mobilise, en collaboration avec le site du campus à l’est, toutes les énergies et compétences autour d’un projet ambitieux universitaire, scientifique, économique mais aussi d’un projet urbain et architectural novateur, en est un autre exemple. Notre mission est d’entretenir et de développer cet écosystème d’innovation.
Je l’ai affirmé, dès ma nomination, je souhaite avant tout rétablir le dialogue et la confiance avec les chercheurs et la communauté universitaire. Je souhaite avancer avec pragmatisme et concertation, en m’inspirant fortement des initiatives locales innovantes comme celles qui sont menées ici, à Grenoble mais aussi dans le reste du territoire, avec un objectif : que le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche contribue plus largement à l’élévation du niveau de formation pour le plus grand nombre, et au redressement de notre économie tout en préservant la qualité de sa recherche fondamentale, indispensable au ressourcement.
1. L’innovation moteur de la croissance
Le redressement productif ne pourra se faire sans une stratégie globale intégrant une formation de qualité pour le plus grand nombre, un soutien massif à la recherche, fondamentale, orientée, technologique et à l’innovation.
C’est par le biais de ces regards croisés que nous parviendrons à répondre aux grands défis auxquels nous sommes confrontés : défis économiques – la croissance, la création d’emploi -, défis sociétaux – l’accès aux soins, aux ressources essentielles, au savoir – pour les 9 milliards d’humains qui composeront la planète en 2050.
La recherche a un rôle déterminant à jouer pour trouver des solutions innovantes, pour contribuer au redressement de notre pays. La priorité affichée par le Président de la République en faveur du redressement productif appelle une nouvelle politique industrielle fermement engagée vers l’innovation, la compétitivité qualité. C’est la seule voie possible pour améliorer nos atouts à l’export, développer l’emploi dans nos PME et ETI et nous libérer de l’étau de la concurrence prix.
Nous y travaillons avec Arnaud Montebourg, avec Fleur Pellerin, en nous appuyant sur des compétences diverses, sur des initiatives locales.
La clé de voûte de cette politique sera la technologie, qui a toujours été le parent pauvre de l’innovation en France. L’Europe en a pris conscience et a intégré cette stratégie, basée sur les KETs (Key Enabling Technologies), et l’a inscrite dans le futur programme cadre Horizon 20-20. Nous devons jouer pleinement cette articulation avec le niveau européen. Je suis déjà engagée dans une action européenne plus forte avec la participation au Conseil Compétitivité du 31 mai et ce week-end à Konstanz pour rencontrer mes homologues européens mais surtout construire une stratégie commune. L’objectif est d’augmenter la part des financements européens dans nos projets de recherche et construire une véritable Europe de la recherche et de l’innovation, à une échelle qui nous permette de maintenir notre industrie et créer des emplois innovants dans de nouvelles filières (énergies renouvelables, nouveaux matériaux, santé…).
Pour garder cet enjeu compétitif, cette avancée technologique, nous avons besoin de miser sur la formation, la réussite des étudiants, notamment en premier cycle, l’attractivité des filières scientifiques et technologiques chez les jeunes, en particulier chez les jeunes filles.
Nous devons aussi améliorer le statut des doctorants, valoriser la recherche fondamentale mais aussi les sciences humaines et sociales pour favoriser la créativité, la réflexion sur les usages.
Nous avons besoin d’une recherche technologique forte, accompagnée de politiques de plateformes et d’expérimentation d’excellence. Il ne faut pas avoir peur du mot d’excellence. L’excellence doit être partagée. Elle n’est pas seulement à Grenoble, à Saclay ou à Lyon, elle existe partout même si la taille critique n’est pas la même.
Ce qu’il faut, c’est simplifier les structures et les procédures, remettre de la collégialité dans les processus de décisions et toujours préférer la coopération, la confiance à priori, le réseau, à la compétition effrénée entre les sites.
Sur tous ces points, notamment ceux concernant les Investissement d’Avenir, j’ai récemment eu des échanges avec Louis Gallois, Commissaire Général à l’Investissement et nous avons initié un travail commun. Les Assises de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche nous permettront, je l’espère, de remédier aux dysfonctionnements et difficultés constatées dans le cadre d’une loi d’orientation qui sera débattue au Parlement au cours du 1er trimestre 2013.
Il nous faut également encourager la diffusion de l’innovation dans tous les secteurs industriels, y compris dans l’industrie intégrative, vers les PME-PMI et ETI. Et je me réjouis des nombreux partenariats industriels mis en place au sein des deux plateformes que j’ai visitées tout à l’heure, dans des secteurs aussi divers que la plasturgie, le textile, le papier, la métallurgie, le décolletage avec des applications très diverses :
- de nouveaux types de plastiques et papiers par exemple ou des textiles intelligents pour réaliser des capteurs ou récupérer et stocker l’énergie pour la plateforme PICTIC, qui associent un tissu très large de PME/PMI,
- la réalisation de composants multi-matériaux pour le biomédical ou des composants multi-fonctionnels pour le marché de la connectique, de l’éclairage, et même le développement d’une filière innovantes sur les aimants qui s’exporte jusqu’au Kazakhstan pour la plateforme Poudr’Innov
2./ L’exemple du CEA Grenoble et de sa Recherche Technologique
Cette alchimie formidable, nous la retrouvons ici à Grenoble, sur ce très beau site, en pleine évolution.
Je voudrais à cette occasion rendre hommage à Jean Therme qui, visionnaire, a très tôt anticipé ces évolutions et a su mobiliser et entraîner un collectif avec lui, autour d’un projet ambitieux, partagé et largement soutenu par les collectivités publiques : celui de créer un campus du futur, au cœur de la ville. Nous sommes là au cœur de la technologie, celle qui prépare l’industrie de demain.
Nous devons respecter et accompagner ces écosystèmes où naissent des idées, où sont rendus possible la créativité et l’innovation. Je sais que l’innovation nécessite du temps, de la lisibilité et de la cohérence et j’aurai à cœur de rétablir cette confiance et faire en sorte que le Ministère de l’enseignement Supérieur et de la Recherche joue pleinement son rôle dans le redressement de notre pays.
Nous nous appuierons sur des initiatives comme celles-ci, pour progresser au niveau national et européen.
Encore merci pour votre engagement, votre enthousiasme et votre créativité au service du développement durable, de l’emploi et du progrès social.





