L’émotion mais surtout le sérieux et la concentration dominaient lors de ce premier Conseil des Ministres. D’emblée, le ton a été donné par le Président de la République puis par son Premier Ministre qui ont présenté une charte d’éthique que nous avons tous signée. Cette charte prévoit des règles de fonctionnement permettant à la fois la collégialité, les débats mais aussi le respect de la décision prise et la discipline républicaine. Même rigueur pour l’utilisation des moyens publics puisque les rémunérations et crédits affectés respectivement aux ministres et aux cabinets ministériels sont réduits de 30 %, que l’utilisation des trains sera la règle. Enfin, la fin du cumul des mandats a été annoncée comme une règle à laquelle chacun doit s’engager et se conformer au plus tard le 18 juin prochain.
Une gouvernance moderne, républicaine, rigoureuse et efficace
C’est bien une nouvelle gouvernance qui s’installe et ce n’est pas une affaire de style mais de démocratie tout simplement. Ce mode de fonctionnement « à la scandinave » me convient tout à fait et je suis à la fois honorée et consciente de ma chance de pouvoir exercer une responsabilité dans un secteur, l’enseignement supérieur et la recherche, dans lequel j’ai beaucoup investi depuis des années, sur le plan local, national et européen. C’est vrai, je n’ai pas un parcours académique et cela peut en surprendre certains, mais j’assume mon expérience et mon rôle politiques. Il ne s’agit pas de faire de la recherche ou d’enseigner à la place des acteurs de l’université ou de la recherche. Il s’agit de mettre en oeuvre des orientations politiques au service de l’intérêt général, à l’écoute des acteurs du domaine. Je m’appuierai donc sur les scientifiques, les universitaires, les chercheurs, les étudiants et leurs familles pour développer une politique donnant plus de chances aux jeunes pour réussir leur parcours de formation et d’accès à la connaissance et à l’emploi et aurai à coeur de renouer le dialogue avec des chercheurs bousculés par des changements non concertés et des appels d’offres frénétiques.

A la sortie du premier conseil des ministres avec quelques unes de mes collègues femmes du gouvernement, pour la première fois paritaire
Un suppléant exceptionnel et de confiance
Dans l’immédiat, l’agenda se précipite pour composer un cabinet au plus vite, prendre contact avec le ministre Laurent Wauquiez pour assurer la passation de pouvoir, recomposer l’agenda grenoblois avec mon suppléant, Olivier Véran, les élus et les militants. Car les actions de terrain vont se poursuivre et même s’intensifier pour assurer ma réélection comme députée de la première circonscription. La mission de ministre est provisoire, j’en suis bien consciente, et elle trouve sa légitimité dans mon expérience de députée et dans le vote au suffrage universel. Comme le prévoit la loi, je reprendrai mon mandat de députée, si je suis élue le 17 juin prochain, à l’issue de ma mission ministérielle. Le candidat que j’ai choisi et que je connais depuis 2007, est parfaitement à même de me remplacer au pied levé, tant sa compétence et son engagement au service de l’intérêt général sont forts et sincères. Je l’ai choisi pour cela, pour son énergie aussi et pour son efficacité. Neurologue au CHU, il est aussi très impliqué dans l’action syndicale et professionnelle et termine un master en économie de la santé à Sciences Po Paris. Il est surtout très implanté avec sa famille dans le Grésivaudan : après l’Ile Verte, il s’est installé à Corenc, a étudié au collège des Buclos et travaille au CHU de la Tronche… Nous formons un tandem très soudé et mû par la même motivation et la même énergie.
Un dernier mot pour remercier toutes celles et tous ceux (et ils sont très nombreux…) qui m’ont adressé un message de soutien à l’occasion de ma nomination et m’excuser à l’avance de ne pas pouvoir répondre tout de suite à tous. Qu’ils sachent que leur sincérité et leurs propos très amicaux m’ont énormément touchée et donné confiance pour la victoire aux élections législatives du mois de juin qui donneront une majorité nette à François Hollande.








