Le Blog de Geneviève Fioraso

Membre de la Commission des affaires économiques, j’étais invitée à participer aux Rencontres parlementaires sur les énergies renouvelables, à la table-ronde : « le marché des énergies renouvelables : quel modèle économique durable ? »

Participaient à cette table-ronde : Jean-Yves OLLIER, Directeur général de la Commission de régulation de l’énergie – Jérôme PECRESSE, Président Alstom Renewable Power Sector – Louis-Francois DURRET, Directeur du Business Groupe Energies Renouvelables, Areva – Arnaud CHAPERON, Directeur électricité énergies nouvelles, Total – Fabrice DIDIER, Directeur général de Saint-Gobain Solar – Franck FAUCHEUX, Chef de projet EcoQuartier au Ministère du Développement Durable – Serge Poignant, Président de la Commission des Affaires Economiques.

Ci-joint le texte de mon intervention :

« Nous avons souvent abordé ces sujets au sein de la Commission des affaires économiques, avec des discussions parfois houleuses, notamment à l’époque du moratoire sur l’énergie solaire photovoltaïque. Nous allons pour l’heure abandonner les polémiques et envisager un projet d’avenir. Je crois que, plus qu’un autre sujet, l’énergie exige un travail serein et stratégique découlant d’une vision stabilisée, tant sur le plan réglementaire que sur le plan de la culture. Il est temps de donner de l’impulsion aux objectifs européens.

Avec 34,6 milliards d’investissements, la Chine se place en première position en matière d’investissement pour les EnR. Suivent les États-Unis, le Royaume-Uni et d’autres leaders mais la France n’est pas intégrée parmi les dix premiers. En revanche, si nous cumulons les investissements européens, nous arrivons à peu près au niveau des États-Unis. Il faut donc adopter une vision européenne, bien que ses fondements soient encore à construire. Pour l’heure et sans considérer les divergences de sensibilité politique, nous nous accorderons à qualifier le diagnostic français de résultat non satisfaisant, expliquant pour une part l’éloignement des investissements potentiels français en faveur de pays plus attractifs. Il est temps que nous nous remettions en course.

Il est en ce sens indispensable d’établir une cohésion et une stratégie globale. Notre vision, empreinte du domaine du nucléaire, est embarrassée par une conception pyramidale qui s’oppose au caractère décentralisé des énergies renouvelables, les deux approches, en réalité, sont complémentaires. Ces deux cultures n’ont cependant d’autre choix que de coopérer et d’intégrer au dialogue une certaine pédagogie, utile à l’effacement au moins partiel du grand scepticisme perçu vis-à-vis des énergies renouvelables. Nous devrons optimiser la rapidité et l’efficacité de nos raccordements et avancer tous ensemble. Nous apprenons de nos erreurs et devons désormais coopérer.

Nous bénéficions de compétences certaines tant sur le plan de la recherche (je pense par exemple au CEA Liten et à l’lNES pour le solaire) que de l’industrie. L’expertise acquise dans le nucléaire est transposable aux énergies renouvelables. Poursuivons ces axes de développement en affichant nos ambitions. L’Allemagne prévoit de produire 68 000 MW avec le solaire photovoltaïque à l’horizon 2020 alors qu’en France l’objectif visé est de 5 400MW. Tous nos efforts doivent donc impérativement converger vers la progression minimale de la production, de l’ordre de 1 000 MW par an pour « nourrir » une filière. Si les grands donneurs d’ordres, dont certains sont présents ce jour, sont prêts à travailler en ce sens, pour toutes les énergies renouvelables (solaire photovoltaïque, éolien terrestre et off shore, biomasse, hydrogène, biocarburants de synthèse…) nous pourrons construire des filières industrielles et réussir la transition énergétique. Encourageons les initiatives, travaillons et coopérons. Il faut croire et investir dans nos atouts en France et en Europe ! »