A l’invitation de Paul Bron, adjoint à l’éducation à la Ville de Grenoble, représentant le réseau Français de villes Educatrices, tous les parlementaires de l’agglomération, députés et sénateurs, ont dialogué avec les signataires locaux de l’appel de Bobigny, un an après son lancement national le 10 février 2011 : les adjoints à l’éducation de Domène, Echirolles, Fontaine, Grenoble, Pont de Claix, Seyssins, Voiron, Voreppe, les organismes d’éducation populaire comme les Francas, la Ligue de l’Enseignement, la FCPE pour les parents d’élèves. Lors de cet appel, des acteurs de l’éducation, constatant les difficultés auxquelles le système éducatif était confronté, avaient fait un certain nombre de propositions en faveur d’un projet éducatif global centré sur la réussite des enfants et intégrant leur cellule familiale et le temps extra-scolaire. L’objet de la rencontre était de préparer la rencontre nationale des signataires de cet appel avec les candidats à l’élection présidentielle.
François Hollande et le projet éducatif, dès le plus jeune âge : un engagement fort
Cette rencontre nous a permis de rappeler les engagements forts de François Hollande en faveur de l’enseignement maternel et primaire et dès la petite enfance avec un accueil adapté pour les enfants de 2 ans dans les quartiers sensibles. Les créations de postes annoncées par François Hollande s’intègrent dans un pacte éducatif qui vise la réussite scolaire et, plus globalement, l’éducation et l’épanouissement des enfants, avec une égalité des chances pour tous, quel que soit le milieu et le quartier ou commune d’origine. Ce que montrent en effet les chiffres (cf les rapports récents de la cour des comptes), c’est que, loin de se démocratiser, l’accès aux études supérieures est de plus en plus barré pour les jeunes issus de milieux précaires ou modestes. Plus de 150 000 jeunes sortent chaque année du système scolaire sans diplôme ni formation qualifiante. Et l’échec scolaire s’inscrit très tôt dans le parcours de ces jeunes. Je l’ai constaté moi-même à la fois comme jeune enseignante nommée (cela n’a pas changé, 35 ans après) à 21 ans comme enseignante en CPPN (l’ancêtre des Segpa), sans aucune formation pratique (c’est ce qu’a rétabli la droite il y a 2 ans avec la réforme de la mastérisation qui a supprimé de fait les stages pratiques encadrés, indispensables) et comme administratrice de deux structures d’insertion, Agiremploi et la Mission Locale de Grenoble. La grande majorité des jeunes décrocheurs ou en difficulté d’insertion avaient redoublé leur CP. Cela ne veut pas dire que tous les jeunes ayant redoublé leur CP sont voués à l’échec scolaire, mais l’inverse est vrai. D’où l’action menée dans les écoles du Sud de la ville, « Parler Bambin », basée sur une méthodologie mise au point par le Professeur Zorman de l’Université Pierre Mendes France et qui favorise l’apprentissage du langage dès le plus jeune âge, avec un impact très fort sur la réussite de l’apprentissage de la lecture et, plus généralement, sur la socialisation des enfants.
François Hollande a donc raison d’investir, malgré les contraintes budgétaires fortes, sur la réussite scolaire dès le plus jeune âge. De plus, les tests Pisa et différents indicateurs démontrent le côté de plus en plus inégalitaire de notre système scolaire. C’est donc un choix pertinent de la part du candidat socialiste, d’autant que le redéploiement en faveur de l’éducation, dès le plus jeune âge, concernera tout l’environnement autour de l’enfant et de l’adolescent : psychologues scolaires, infirmières, assistantes sociales, animateurs sportifs, culturels, médiateurs, éducateurs… pour proposer un projet éducatif global. C’est aussi un choix déterminant pour notre économie, avec des emplois qui requièrent un niveau de formation de plus en plus élevé.
Retrouvez le discours de François Hollande « de refondation de l’Education », prononcé à Orléans.





