Ce dimanche, se tenait la 67ème commémoration de la libération des camps d’Auschwitz et Birkenau, devant le monument des Diables Bleus du parc Paul Mistral. Le témoignage de Simone Lagrange nous a tous terriblement secoués, élus comme familles ou représentants de l’armée ou des associations de déportés. Sans pathos, avec des mots justes et précis, elle a décrit son arrivée à 13 ans et demi dans les camps de la mort, puis les conditions terribles de sa détention et, enfin, la libération tant attendue mais si difficile à vivre aussi, d’autant qu’elle a été entachée de l’assassinat de son père par les Allemands en 1945.
Mieux que tous les discours, elle a su, avec des mots simples, nous communiquer des images qui la hantent encore et auxquelles, j’en suis convaincue, l’ensemble des participants n’a dû comme moi, cesser de penser depuis dimanche. Ce qu’elle a décrit, les enfants allant à la mort, les bras, les jambes emmêlées des corps mutilés, et bien d’autres atrocités, dépasse l’entendement. Et l’on se demande comment des hommes ont pu commettre des actes d’une telle barbarie, même si, depuis, le Darfour, l’Arménie, le Rwanda ont, eux aussi, connu des génocides sanglants.
Simone Lagrange a voulu aussi faire part de son inquiétude et son rejet face à ce qu’elle identifie comme des résurgences fascistes, à Lyon, en Savoie, en Autriche, en Slovaquie, en Hongrie où des groupuscules fascistes et antisémites, parfois encouragés par des élus en place, se retrouvent régulièrement, le plus souvent dans l’indifférence générale. Elle nous appelle à une condamnation absolue de ces pratiques dont nous savons maintenant, à l’épreuve du passé, à quelles atrocités elles peuvent mener. Soyons vigilants à de telles dérives pour que l’Histoire ne reproduise plus de telles horreurs.






